Le rapport parlementaire consacré aux freins au développement du tourisme suscite une vive critique de la part du géographe Rémy Knafou. Selon lui, plusieurs recommandations privilégient la croissance économique du secteur au détriment des protections environnementales et des intérêts des habitants. Au cœur du débat : l’assouplissement de règles d’urbanisme, la fiscalité du transport aérien et la place accordée aux acteurs du tourisme dans l’élaboration des politiques publiques.
La question dépasse donc les seuls choix de vacances. Elle concerne la manière dont les territoires touristiques organisent l’accueil des visiteurs, répartissent les bénéfices et limitent les effets du tourisme de masse. Pour Rémy Knafou, l’hypertourisme révèle un déséquilibre plus profond : l’activité est souvent présentée comme une évidence économique, tandis que ses coûts sociaux et écologiques restent moins visibles.
En bref
- Rémy Knafou reproche au rapport parlementaire de réduire le débat à la croissance des recettes touristiques.
- Il critique des recommandations susceptibles d’affaiblir les règles environnementales et d’encourager davantage le transport aérien.
- Le texte, selon lui, ne représente pas assez les habitants, les associations et les intérêts qui ne disposent pas de puissants relais.
- La régulation touristique doit, à ses yeux, concilier activité économique, qualité de vie et protection des milieux.
Rapport parlementaire sur le tourisme : la critique de Rémy Knafou
Pourquoi un rapport destiné à lever les freins au tourisme provoque-t-il une telle controverse ? Et peut-on mesurer la réussite du secteur au seul nombre de visiteurs ou aux dépenses effectuées pendant leur séjour ? Rémy Knafou, géographe et professeur émérite à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, répond par une mise en garde : le tourisme n’est pas seulement une industrie, mais aussi un révélateur des choix de société.
Le rapport étudié par le géographe est issu d’une mission d’information sur les obstacles au développement de l’économie touristique. Présentées en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale un 7 octobre, ses recommandations partent d’un constat : la France attire beaucoup de visiteurs, mais les recettes moyennes par séjour y seraient inférieures à celles de certains concurrents, notamment l’Espagne. Le document avance qu’un visiteur dépense en moyenne 760 euros en France, soit environ la moitié du montant évoqué pour l’Espagne.
Ce chiffre éclaire une question économique réelle : comment transformer l’attractivité d’un pays en retombées locales plus importantes ? Mais il ne dit pas, à lui seul, si les habitants bénéficient de cette dépense, si les emplois créés sont stables, ni quels coûts collectifs accompagnent l’accueil. Je peux comprendre l’intérêt de comparer les recettes. Je me méfie davantage lorsqu’un indicateur devient, presque sans discussion, la boussole de toute une politique.
Pour Knafou, le rapport donne ainsi la priorité à la croissance de l’activité et présente certaines protections comme des obstacles à réduire. Il estime que cette approche minimise les conséquences du réchauffement climatique sur des destinations fragiles. Les stations de moyenne montagne dépendantes de la neige, les littoraux exposés à l’érosion et les zones menacées par la submersion ne peuvent pas être considérés comme de simples décors disponibles pour de nouveaux investissements.
Le débat n’oppose pas nécessairement les partisans du tourisme à ceux qui voudraient y mettre fin. Il porte plutôt sur les conditions de son développement. Une commune peut souhaiter conserver des emplois et des commerces tout en limitant les projets qui fragilisent son environnement. La critique de Rémy Knafou vise surtout l’idée que davantage de croissance serait toujours la réponse, quel que soit le lieu ou le moment.
| Élément du débat | Ce que rapporte le dossier | Point de vigilance soulevé |
| Recettes touristiques | La dépense moyenne avancée est de 760 euros par séjour en France. | Les recettes ne mesurent pas à elles seules les effets sur les habitants et les milieux. |
| Aménagement | Le rapport propose de faciliter certains projets touristiques. | Les protections contre l’artificialisation et les atteintes écologiques pourraient être affaiblies. |
| Transport aérien | Une baisse de fiscalité figure parmi les pistes discutées. | Cette mesure doit être examinée au regard des émissions liées aux déplacements. |
Hypertourisme et tourisme de masse : les limites d’un modèle
Le mot hypertourisme désigne ici bien davantage qu’une foule dans une rue célèbre. Il évoque un système où l’augmentation des déplacements et des capacités d’accueil devient une fin en soi, alors que les effets s’accumulent sur les logements, les transports, les paysages et les ressources. Le surtourisme en est l’une des manifestations les plus visibles : certains lieux concentrent trop de visiteurs à certaines périodes, au point de compliquer la vie quotidienne des résidents.
Je pense à une situation familière dans les villes très fréquentées : une habitante doit contourner chaque matin les groupes qui s’arrêtent devant son immeuble, tandis que les logements du quartier se transforment peu à peu en locations de courte durée. Ce scénario n’est pas une statistique nationale, mais il illustre une tension concrète. L’activité touristique peut soutenir des restaurants et des emplois, tout en rendant le logement plus rare ou les déplacements plus difficiles pour ceux qui vivent sur place.
La pression touristique varie selon les destinations. Dans une station de montagne, elle peut se traduire par une dépendance économique à la neige et par des infrastructures coûteuses. Sur un littoral, elle s’ajoute à la fragilité des dunes, à l’érosion ou au manque d’eau durant les périodes de forte fréquentation. Dans une ville patrimoniale, elle peut transformer les commerces et les usages de l’espace public. Parler du tourisme comme d’un secteur uniforme masque donc les réalités locales.
Le géographe rappelle aussi que la crise climatique n’est pas une menace lointaine à ajouter en bas de page. Elle change déjà les conditions d’activité de plusieurs destinations. Quand l’enneigement devient incertain ou que le trait de côte recule, maintenir le même modèle d’investissement peut exposer les collectivités à des coûts futurs. Construire davantage n’est pas automatiquement synonyme de résilience ; parfois, c’est surtout une façon très efficace de rendre la marche arrière plus chère.
Des bénéfices à mettre en regard des coûts
Une analyse utile doit regarder qui reçoit les recettes et qui supporte les contraintes. Un hôtel peut créer des emplois, mais la commune doit aussi financer les routes, l’assainissement et la gestion des déchets. Les travailleurs saisonniers font fonctionner les établissements, mais leur accès à un logement convenable demeure parfois difficile. Le rapport reconnaît, selon les éléments cités, que le logement saisonnier devrait être une priorité ; c’est un point essentiel, car une destination ne fonctionne pas durablement si ceux qui y travaillent ne peuvent pas y habiter.
Réduire le tourisme de masse à une querelle entre visiteurs et habitants serait donc insuffisant. Il faut examiner la répartition des revenus, les conditions de travail, la capacité des services publics et la vulnérabilité des écosystèmes. Un territoire attractif n’est pas seulement un lieu où l’on peut venir : c’est aussi un lieu où l’on peut continuer à vivre.
Cette diversité des situations conduit à une autre interrogation : qui a participé à la fabrication du rapport et quelles expériences ont été entendues ?
Des auditions contestées et une représentation jugée incomplète
Un rapport parlementaire ne se limite pas à compiler des chiffres. Il organise une discussion et choisit les personnes dont les témoignages contribueront au diagnostic. C’est précisément ce processus que Rémy Knafou met en question. Selon sa lecture, les auditions et les contributions écrites ont accordé une place importante aux acteurs économiques les mieux organisés, tandis que des voix susceptibles de contester leurs propositions auraient été moins présentes.
Le problème n’est pas que des entreprises, des fédérations ou des professionnels soient entendus : leur expérience est indispensable pour comprendre le fonctionnement du secteur. La difficulté apparaît lorsque cette expertise devient presque la seule grille de lecture. Les associations environnementales, les habitants, les chercheurs, les salariés saisonniers ou les élus confrontés à la pression touristique peuvent apporter des informations différentes, parfois moins faciles à résumer en objectifs de croissance.
Un exemple permet de saisir l’enjeu. Imaginons une petite commune littorale appelée à se prononcer sur un nouveau complexe de vacances. Les promoteurs peuvent présenter les emplois attendus et les nuitées supplémentaires. Les habitants peuvent, eux, signaler le manque de logements à l’année, la circulation saturée en été ou la fragilité d’une zone humide voisine. Ces éléments ne s’annulent pas ; ils doivent être examinés ensemble, puis arbitrés publiquement. Une consultation équilibrée ne garantit pas l’accord de tous, mais elle améliore la qualité de la décision.
La délibération publique ne se résume pas aux intérêts organisés
Knafou voit dans ce dossier un enjeu institutionnel : le Parlement doit pouvoir confronter des intérêts légitimes, y compris ceux qui ne disposent pas d’un service de communication ou d’un réseau de lobbying. Cette exigence importe particulièrement lorsque les décisions ont des effets durables sur les paysages, les infrastructures et les prix du logement. Les bénéfices économiques peuvent être rapidement visibles ; les coûts écologiques ou sociaux, eux, apparaissent parfois après plusieurs années.
Il est donc utile de distinguer deux questions souvent confondues : le tourisme rencontre-t-il des difficultés concrètes ? Et les solutions proposées sont-elles les bonnes ? Le millefeuille de la gouvernance, où plusieurs niveaux de collectivités interviennent, peut effectivement rendre les décisions peu lisibles. La coordination mérite d’être améliorée. Mais simplifier les responsabilités ne signifie pas nécessairement affaiblir les garanties environnementales ou accélérer chaque projet.
- Élargir les auditions aux habitants, aux salariés, aux scientifiques et aux associations locales.
- Publier les critères de sélection des contributions et expliquer les désaccords persistants.
- Comparer les bénéfices et les coûts à l’échelle des territoires, plutôt que de s’en tenir aux recettes globales.
- Évaluer les effets à long terme sur le logement, les ressources naturelles et les services publics.
Cette méthode ne transforme pas chaque rapport en référendum interminable. Elle permet plutôt d’éviter qu’une politique nationale repose sur une photographie trop étroite du secteur. La qualité d’une décision dépend aussi de ceux qu’on a pris le temps d’écouter.
Régulation touristique : les enjeux du ZAN, de l’avion et du climat
Les recommandations critiquées par Rémy Knafou touchent à des règles qui structurent l’aménagement et la transition écologique. Parmi elles figurent l’assouplissement du ZAN, ou Zéro artificialisation nette, la possibilité de dispenser certains projets touristiques d’évaluation environnementale et l’allègement de la fiscalité sur le transport aérien. Chaque mesure peut être présentée comme un moyen de réduire les coûts ou les délais. Mais chacune pose aussi une question simple : qui supportera les conséquences si la protection des sols, des paysages ou du climat recule ?
Le ZAN vise à limiter l’artificialisation des sols et à mieux maîtriser l’étalement urbain. Pour une commune qui cherche à construire des hébergements, des parkings ou des équipements, ces règles peuvent être perçues comme une contrainte. Pourtant, les sols ne sont pas des surfaces interchangeables : ils contribuent à l’infiltration de l’eau, à la biodiversité et à la capacité des territoires à faire face aux fortes chaleurs ou aux inondations. Une dérogation peut sembler modeste projet par projet ; leur accumulation change l’équilibre local.
L’évaluation environnementale joue un rôle comparable. Elle oblige à examiner les effets d’un aménagement avant sa réalisation et à envisager des solutions de remplacement. Elle ne signifie pas automatiquement qu’un projet sera refusé. Elle permet de mieux comprendre ses conséquences, de modifier son implantation ou de prévoir des mesures de protection. L’écarter au nom de la rapidité revient parfois à gagner du temps sur le papier et à en perdre beaucoup plus lorsque surviennent des conflits ou des dommages difficiles à réparer.
Transport aérien et engagements climatiques
La question fiscale de l’avion s’inscrit dans un contexte plus large. La France a adopté l’Accord de Paris en 2015 et inscrit des objectifs de réduction des émissions dans la loi Climat et Résilience de 2021, avec une trajectoire vers la neutralité carbone en 2050. Dans ce cadre, une mesure visant à alléger la fiscalité aérienne doit être évaluée à la lumière des émissions associées aux déplacements, et non uniquement de son effet potentiel sur le nombre de visiteurs.
Le rapport évoque également, selon les données rapportées par Knafou, la part du tourisme dans les émissions nationales, estimée à 11 %. Cette donnée rend la contradiction plus visible : reconnaître l’empreinte climatique du secteur, puis recommander des mesures susceptibles de stimuler certains déplacements, appelle une explication précise. Il faut distinguer les types de transport, les distances et les solutions disponibles ; cela ne dispense pas d’examiner le bilan global.
La régulation touristique n’a pas pour objectif de punir les voyageurs ni de condamner toute activité économique. Elle peut aider à mieux répartir les flux, encourager des séjours moins dépendants de l’avion, protéger les milieux fragiles et donner aux collectivités des outils d’action. Par exemple, une destination très fréquentée peut adapter les accès, investir dans le train ou organiser les visites selon la capacité réelle du site. Ces choix demandent une coordination et des moyens, mais ils évitent de traiter chaque saturation comme une surprise estivale.
Le droit environnemental ne constitue pas seulement un frein : il donne un cadre prévisible aux acteurs et protège des intérêts que le marché mesure mal. C’est cette articulation entre règles, investissement et responsabilité qui forme le cœur du désaccord autour du rapport.
Reste à savoir comment faire évoluer l’activité sans opposer mécaniquement emplois, vacances et préservation des lieux.
Tourisme durable et politiques publiques : quelles pistes pour les territoires ?
Critiquer la croissance à tout prix ne revient pas à nier l’importance du tourisme pour l’emploi, les commerces et les échanges culturels. La question est plutôt de savoir comment garder ces bénéfices sans reporter les coûts sur les habitants et les générations futures. Rémy Knafou défend une régulation qui reconnaît les limites des lieux et la responsabilité des pouvoirs publics. Le tourisme durable, dans cette perspective, ne se résume pas à afficher une feuille verte sur une brochure ; il suppose des décisions concrètes sur les déplacements, le logement et l’aménagement.
Les territoires touristiques n’ont pas tous besoin des mêmes outils. Un centre historique saturé peut chercher à mieux répartir les visites dans le temps et à préserver des commerces de proximité. Une station de montagne peut préparer une économie moins dépendante de l’enneigement. Une commune littorale peut intégrer le recul du trait de côte dans ses choix d’urbanisme. Une politique uniforme, appliquée de la même manière partout, manquerait précisément ce qui rend chaque destination vulnérable.
Des leviers pour mieux répartir les bénéfices
À l’échelle locale, plusieurs mesures peuvent compléter les règles nationales. Elles ne règlent pas tout, mais elles changent la manière de poser le problème :
- Mesurer la fréquentation et ses effets : suivre l’occupation des logements, les déplacements, la consommation d’eau et la pression sur les espaces naturels.
- Améliorer l’hébergement des saisonniers : sans solutions abordables, les emplois touristiques restent difficiles à pourvoir et les salariés sont éloignés de leur lieu de travail.
- Renforcer les alternatives à la voiture et à l’avion lorsque les liaisons ferroviaires et les transports locaux peuvent répondre aux besoins.
- Associer les habitants aux décisions avant que les projets ne soient verrouillés, afin que les enjeux du quotidien entrent réellement dans l’arbitrage.
- Adapter les investissements au climat plutôt que de prolonger automatiquement des modèles devenus fragiles.
Je vois dans cette liste moins un catalogue de solutions miracles qu’un changement de méthode. Une collectivité peut, par exemple, comparer les recettes d’un projet avec ses besoins en eau, ses conséquences sur le logement et les dépenses d’infrastructure qu’il entraînera. Cette comparaison rend la décision plus exigeante, mais aussi plus solide. Les entreprises elles-mêmes gagnent à connaître des règles stables plutôt qu’à découvrir tardivement qu’un projet devient contesté ou inadapté.
Le livre de Rémy Knafou, Hypertourisme : le tourisme à l’épreuve de sa démesure, paru en 2026 aux Éditions du Faubourg avec la Fondation Jean Jaurès, s’inscrit dans cette réflexion sur les limites du modèle. Son propos invite à regarder le tourisme comme un fait social majeur : il révèle les choix collectifs, les inégalités d’accès aux vacances et la capacité des institutions à protéger les biens communs. Le débat ne porte donc pas seulement sur la fréquentation d’un site, mais sur la façon de partager l’espace et les ressources.
La solidarité compte également. Le droit aux vacances ne devrait pas être réservé aux personnes capables de payer des séjours coûteux ou de partir hors saison. Une politique équilibrée peut soutenir l’accès aux loisirs tout en évitant que les destinations les plus fragiles soient soumises à une croissance sans limite. Le défi n’est pas de choisir entre tourisme et environnement, mais de construire des règles qui rendent leur coexistence possible.
Ce que la controverse révèle sur les choix collectifs
La critique du rapport parlementaire dépasse ses recommandations particulières. Rémy Knafou y voit un décalage entre les principes affichés par les institutions et certaines orientations concrètes : d’un côté, la protection de l’environnement et la solidarité entre générations ; de l’autre, la volonté de réduire les normes dès qu’elles ralentissent l’investissement. Il s’agit d’une interprétation politique du document, mais elle pose une question centrale : les engagements publics gardent-ils leur force lorsqu’ils entrent en conflit avec une promesse de croissance ?
La Charte de l’environnement de 2004 a valeur constitutionnelle en France. Elle inscrit dans le cadre juridique des principes liés à la prévention des atteintes à l’environnement et à la prise en compte du long terme. Les décisions publiques doivent donc composer avec ces exigences. Pour Knafou, proposer des dérogations ou des allègements sans traiter sérieusement leurs conséquences revient à fragiliser la cohérence entre les objectifs annoncés et les choix d’aménagement.
Cette tension se retrouve dans beaucoup de secteurs, mais le tourisme la rend particulièrement visible. Les infrastructures sont souvent localisées dans des espaces sensibles, tandis que les recettes et les coûts se répartissent entre entreprises, collectivités, visiteurs et habitants. Un projet peut être rentable pour un opérateur tout en imposant à la commune des dépenses supplémentaires ou en aggravant une pénurie de logements. L’intérêt général ne se déduit donc pas automatiquement de la somme des intérêts privés.
Maintenir un débat ouvert et vérifiable
Pour avancer, il faut pouvoir discuter les données, les hypothèses et les priorités sans transformer chaque désaccord en procès d’intention. Les comparaisons de dépenses entre pays, par exemple, sont utiles à condition de préciser ce qu’elles mesurent et ce qu’elles omettent. Le chiffre d’affaires ne dit pas tout sur la qualité des emplois, les revenus locaux ou la pression exercée sur les ressources. De même, les coûts environnementaux ne doivent pas être évoqués de façon abstraite : ils peuvent être évalués et intégrés aux décisions.
Un débat mieux documenté permettrait aussi d’éviter la fausse opposition entre visiteurs et résidents. Beaucoup d’habitants voyagent, et de nombreux salariés du secteur vivent dans les communes d’accueil. Les politiques publiques doivent répondre à ces réalités croisées. Elles peuvent soutenir l’activité là où elle est compatible avec les capacités locales et limiter les projets qui aggravent des fragilités déjà connues.
Enfin, la stabilité du droit est utile aux entreprises autant qu’aux collectivités. Des règles claires, établies à l’avance et adaptées aux spécificités des lieux, permettent aux professionnels de planifier leurs investissements. Des dérogations fréquentes peuvent au contraire créer de l’incertitude et encourager une course à l’accélération où chacun tente de passer avant les autres. La régulation touristique devient alors non pas l’ennemie du secteur, mais la condition d’un développement qui puisse durer.
Pourquoi Rémy Knafou critique-t-il ce rapport parlementaire ?
Il estime que le document privilégie la croissance des recettes touristiques et propose des assouplissements qui pourraient affaiblir des protections environnementales. Il critique également la place limitée, selon lui, accordée aux voix moins organisées.
Quelle différence entre surtourisme et hypertourisme ?
Le surtourisme désigne généralement une fréquentation excessive dans un lieu ou à une période donnée. L’hypertourisme renvoie à un phénomène plus large : un système de croissance touristique dont les effets peuvent toucher les sociétés, les territoires et l’environnement.
Que signifie le ZAN dans le débat sur le tourisme ?
Le Zéro artificialisation nette vise à limiter la transformation des sols naturels, agricoles ou forestiers en surfaces aménagées. Son assouplissement peut faciliter certains projets, mais soulève des questions sur la biodiversité, l’eau et l’étalement urbain.
La régulation touristique signifie-t-elle qu’il faut arrêter de développer le tourisme ?
Non. Elle consiste à adapter les projets et la fréquentation aux capacités des lieux, à mieux répartir les bénéfices et à protéger les habitants et les milieux. Les outils peuvent varier selon les besoins de chaque destination.